La Semaine de sensibilisation aux maladies mentales (SSMM) se tient du 4 au 10 octobre 2026 au Canada.

Objectif : Mieux faire connaître les maladies mentales et la santé liée à l’usage de substances, réduire la stigmatisation et exiger un meilleur accès aux soins publics.

Bien que 87 % des Canadiens estiment qu’un accès rapide à des soins en santé mentale est important, les délais d’attente dans les provinces font l’objet de critiques sévères. Au Québec, environ 1 personne sur 5 sera touchée par un trouble mental au cours de sa vie.

J’en fais parti..

Cela fait près de dix ans que je « consomme » des médicaments sous prescription censés m’aider à aller mieux. Mais soyons honnête, juste entre 2022 et aujourd’hui, on a changé de molécule sept fois au travers de 83 services (renouvellement de prescription).

Est-ce que je vais mieux aujourd’hui? Non pas du tout.
Ai-je un diagnostic clair et bien établi? Non plus..

J’ai un problème XYZ qu’on ne trouve pas et qui m’empêche de fonctionner normalement.

J’ai souffert d’une dépression assez lourde (probablement plus d’une fois dans ma vie) mais je n’ai aucune idée si je suis « encore en dépression » ou non. Je sais que j’ai de l’anxiété… je suis toujours stressé, incapable de me calmer, j’appréhende à l’avance toutes les « badlucks » qui pourraient se produire, car je suis habitué au pire.

L’anxiété sociale elle… me pourrie littéralement la vie, car j’ADORE LES GENS… mais loin de moi. J’aime voir les gens heureux, festifs, amusés et tout… mais je suis incapable d’être parmi eux. Dans ma tête, tout le monde me juge sur tout (habillement, mon physique, mon look, mes dents, ma condition sociale et ETC.). Par moment, je me demande même si ce n’est pas de la paranoïa mon affaire, tellement c’est pathétique. Mais.. c’est là, encré en moi pour différentes raisons. Dans le cadre du travail, même maudit problème! Je n’ai pas de diplôme, pas de belles certifications… donc je me sens continuellement comme un vulgaire imposteur si j’occupe des fonctions qui me font vibrer. Comme de travailler en génie civil, surveiller des chantiers routiers, trouver des déficiences, rédiger des avis ou compiler des quantité afin de produire la recommandation de paiement. Ce sont toutes des tâches que j’ai fait pendant des années… En ayant juste l’impression d’être de trop, de ne pas être à ma place, d’être mis à l’écart par mes collègues… (ce n’est pas une illusion, je sais que ceci est fondé sur mon expérience personnelle au sein de l’entreprise comportant 3 lettres rouges).

Comme si tout ça n’était pas assez, mon cerveau fonctionne sans arrêt… même quand je dors, il me réveille… Forget le sommeil réparateur, t’en a juste pas! Je dors par « saccades » de 1-2h et je me réveille pour continuer un projet bidon (comme rédiger cet article de blog car mon cerveau à besoin de canaliser son énergie à quelque part pendant ce petit moment présent (ou plaisant pour lui).

Département des UPs et des downs

Les période de UPs sont relativement courtes mais intenses. Je peux entreprendre quarante-douze projets en même temps, m’épivarder à gauche et à droite, en avant et en arrière, faire de la photo en même temps que je crée une application bidon qui ne servira jamais à rien de concret, refaire mon site web 3 fois et rédiger un article sur la santé mentale, MA santé mentale.

Pendant ces phases HAUTES, j’me sens comme une locomotive en marche à fond de train, inarrêtable! Je suis performant, infatigable, super créatif, volubile…avec des idées qui n’arrêtent jamais. Pendant ces périodes HAUTES, c’est comme si pour une raison inconnue, mon corps serait branché sur du 600 volts. Je me donne des projets, je rêvasse et je me met à lancer des bouteilles à la mer un peu partout. Limite, par moments je trouve que je frôle la follerie pendant ces moments MAIS en même temps, se sont pratiquement les seuls instants ou je me sens vraiment vivant et en vie. Tout n’est plus beige, tout est super coloré comme si j’avais avalé un arc-en-ciel de Skittles avec mon double espresso.

Mais les DOWNS eux, ils font mal, sont difficiles à encaisser. C’est comme être prit dans un maelström, complètement épuisé, se sentir aspiré dans cette noirceur qui fait paraître tout… trop GROS, trop LAID, trop NOIR, IMPOSSIBLE, INSURMONTABLE… Honnêtement c’est vraiment ROUGH. Et afin d’éviter de me laisser anéantir par cette vague de mal à l’âme et à l’être, je dois dormir… parfois 18-24 heures d’affilés et parfois plus. Le simple fait de se lever du lit, de s’habiller ou aussi stupide que de se faire deux toast au beurre de peanuts relève d’un vrai exploit, tellement mon corps semble s’écraser sous le poids de cette réalité du moment, MA RÉALITÉ.

Et le système lui?

Il semble être exactement dans la même situation que le réseau de la santé au grand complet… À BOUT DE SOUFFLE, comme moi, pis beaucoup d’autres. Impossibilité d’obtenir un diagnostic clair si nous ne sommes pas suicidaire, par contre, on diagnostic facilement anxiété et dépression avec quelques prescriptions. C’est simple et efficace pour notre système. La prescription aide à « endormir » nos maux et désengorge le système par la même occasion. Mais sur le FOND, il n’y a jamais de vrai diagnostic de posé ou déposé car le système n’a pas de place faute de professionnel et de temps…

Et moi maintenant?

Je ne sais même plus ou j’en suis dans ma vie. Sans travail depuis bientôt deux ans, papa à temps plein, homme quarantenaire sans vie sociale (outre ma thérapie DBT), tentant de créer « sa » place professionnellement en étant conscient maintenant de toutes ses contraintes et de ses limites. Est-ce que ça me permet d’occuper un emploi « conventionnel », la réponse est non. Est-ce que je peux passer un entretien d’emploi comme les autres humains normaux, la réponse est encore non, car mon anxiété est ingérable avec les rapports d’humain à humain. Est-ce que je suis capable de travailler dans une équipe? Non plus…

Le problème est que… j’ai l’impression que mon cerveau fonctionne comme un ordinateur ou comme un IA. Je pense, je produis, je livre. Comme si je n’étais même plus un humain ou comme si j’étais rendu « déshumanisé » par toute cette merde qui me ronge les nerfs et le cerveau par cette affaire qu’on nomme « maladie mentale » sans pouvoir y apposer son vrai petit nom (faute d’un diagnostic clair).

Même en période d’invalidité temporaire, le gouvernement nous rappelle qu’on est pas assez « malade » pour 12 mois, sans nous évaluer rien… 9 mois c’est assez, allez, bouge-toi le cul et retombe sur tes pieds.

J’ai juste envie de te dire… que c’est ce que je fais à chaque jour, plusieurs fois par jour, de me botter le cul pour continuer à « survivre » à cette vie qui n’a ni couleur, ni sens, ni buts, ni joie. Tout est juste BEIGE et PLATE… pis stressant. On essaie de faire à semblant que la santé mentale est importante dans des messages de prévention MAIS quand vous êtes dans le tordeur, y’a juste aucune ressource pour vous quand vous en avez de besoin.

8-1-1 info-social avec des temps d’attentes attroces.
L’urgence d’un hôpital psychiatrique qui vous impose d’être accueilli comme un prisonnier qu’on fouille et qu’on restreint dans l’enceinte de l’hôpital. Et on nous pose toujours les mêmes questions, comme si, il n’y avait que ces questions qui valide une urgence ou un désespoir inhumain : « T’entends des voix? / Es-tu suicidaire? ».
Si tu répond non à ces deux questions, dans 90% du temps, on va conclure que tout va bien pour toi, prend ta petite prescription et retourne chez toi.

Mais a-t-on aidé ou réglé le problème de cet humain en détresse?
La réponse est encore une fois… juste NON.

J’suis sensé faire quoi et le faire comment, si j’ai quand même envie de travailler? J’suis sensé faire quoi si j’aimerais recommencer à rêver et à vouloir réaliser des buts afin que dans ma tête je puisse enfin me dire « un pas à la fois » tu y arriveras?

Car dans le moment, je suis pas mal comme un épave à la dérive dans cet océan que l’on nomme « la vie ». Vivant sans rien vivre à côté de ma propre vie.

J’suis un malade invisible que le système à choisi d’invalider son invalidité car « je ne suis pas assez malade » selon eux.

Pourtant, j’aimerais mieux travailler que de me faire chier à endurer tout ça, jour après jour… tout en devant me dire que je suis tout à fait normal… et tout à fait correct!
ACCEPTE CE QUI EST ET RAVALE TON MOTTON. Car c’étais la semaine de sensibilisation aux maladies mentales.


Mais sans diagnostic,
j’suis pas si malade que ça… après tout

Ce que j’aimerais

J’aimerais comprendre ce qui m’arrive. Avoir une évaluation qui m’aide à y voir plus clair, puis un accompagnement adapté à ce que je vis. Car la vie que je mène depuis la dernière « décade » n’est vraiment pas une vie que je souhaite à quiconque de vivre…